Siah Armajani

(Teherán, 1939)

Mesa de picnic para Huesca, 2000

Bois d’iroko
Vallée de Pineta. Huesca

Commissaire: María Dolores Jiménez–Blanco
Développement technique du projet: José Miguel Ferrando

Video 30″:  http://youtu.be/846bkS5x-Ds

 

Catalogue Siah Armajani: Siah Armajani: Musée National d’Art Reina Sofía, Palais de Verre, 30 septembre 1999 – 10 janvier 2000, Itinérance, Salle des expositions du Conseil Régional de Huesca, 28 janvier – 26 mars 2000 [catalogue d’exposition].

Textes d’Alicia Chillida, Nancy Princenthal, Pablo Llorca, María Dolores Jiménez-Blanco, Siah Armajani. Madrid: Ministerio de Educación y Cultura, 2000.

Installé aux États-UNis dans les années 1960, Siah Armajani est l’un des principaux représentants du dénommé art public, un concept qu’il a lui-même contribué à forger à travers ses écrits. Par art public, nous voulons dire des œuvres qui, par définition, demandent une fonction qui doit être publique; des œuvres qui renoncent de manière volontaire à ce qui est entendu conventionnellement par créativité artistique. Dès ses premières œuvres, qui répondaient à des optiques purement conceptuelles, Armajani a suivi une évolution logique qui l’a d’abord conduit à se questionner sur le rôle de l’artiste et de l’art dans la société actuelle puis à proposer et à réaliser un type d’œuvres qui défient les limites traditionnellement établies entre les beaux-arts, le design, la menuiserie, l’urbanisme ou le génie civil, et dont l’objectif est de répondre à des besoins réels pratiques, de la communauté à laquelle ils sont adressés, dans la volonté d’améliorer sa vie quotidienne.

Le propre titre de cette œuvre révèle l’humeur de l’artiste: pas de monuments élevés, pas de propositions artistiques intellectuellement inaccessibles; au contraire, quelque chose de facile, simple et surtout utilisable, quelque chose pouvant répondre aux besoins réels d’une communauté concrète et contenant toute beauté dans sa propre simplicité et utilité. 

María Dolores Jiménez-Blanco. Siah Armajani. Madrid: Musée d’Art Reina Sofía, 2000, p. 71.

 

Mais la simplicité de cette structure n’est qu’apparente. Derrière une première image, presque ingénue, primitive, légère, se cache une grande complexité constructive: par exemple, ce n’est pas une seule table, mais l’addition de plusieurs tables de différentes mesures et différentes formes de support, qui s’accouplent pour former une seule surface plate, celle que nous percevons au premier regard. En fait, rien de mieux que cette image pour comprendre que notre Table de pique-nique est une métaphore de l’ensemble de l’œuvre d’Armajani qui, sous le déguisement de formes simples, proches, familières, cache des significations complexes et une solide et cohérente base théorique. Toute son œuvre acquiert un sens profond  – intellectuel, politique, social – car elle est la conséquence d’une trame sophistiquée et érudite de références culturelles en tout genre, qui convergent dans un objectif fondamental: un art utile, au service de la communauté. 

María Dolores Jiménez-Blanco. Siah Armajani. Madrid: Musée d’Art Reina Sofía, 2000, p. 73.

 

Qu’est-ce que l’art public? L’art public ne traite pas de soi-même, mais des autres. Il ne traite pas des goûts personnels, mais des besoins des autres. Il ne traite pas de l’angoisse de l’artiste, mais du bonheur et du bien-être des autres. Il ne traite pas du mythe de l’artiste, mais de son sens civique. Il ne prétend pas à ce que les gens se sentent amoindris et insignifiants, mais de les glorifier. Il ne s’agit pas du vide existant entre la culture et le public, mais il recherche que l’art soit public et que l’artiste soit à nouveau un citoyen. 

Siah Armajani. Siah Armajani. Madrid: Musée d’Art Reina Sofía, 2000, p 73.

 

Veintiocho 3.tif

 

ARMAJANI 2

 

ARMAJANI 3

 

Comment arriver:

Coordonnées: Latitude 42º 39’ 48,49’’ N. Longitude 0º 6’ 40,28’’ W